Ambiance en République Démocratique du Congo

Arrivée en République Démocratique du Congo

Carte d'Afrique et RDCEntrer sur le territoire de la République Démocratique du Congo est toujours difficile, encore plus en temps de guerre comme en 2008, date de ma 1ère visite. Pour y pénétrer, il faut une lettre d’invitation expliquant bien ce qu’on vient y faire. Heureusement pour moi j’ai été engagé par un Institut qui travaille depuis longtemps en RDC… Mes aventures là-bas se sont déroulées lors de ma thèse sur « le rôle écologique des Bonobos dans la forêt congolaise« .

La première découverte: le service des douanes

Le douanier, magnifique dans son uniforme de playmobile bleu ciel, est une caricature du douanier pourri qui ne cherche qu’à user de son pouvoir pour te soutirer un max de pognon. Tu arrives au guichet (un meuble en contreplaqué représentant la barrière symbolique entre l’espace international et la république démocratique), il se saisit promptement du passeport et va chercher « LA FAILLE ». N’importe quelle bizarrerie qui sera prétextée pour refuser l’entrée et demander 50 à 100 USD en fonction de: la langue parlée, l’air paniqué et la grossièreté de la bizarrerie démasquée.

passeport françaisExemples: tu es français avec un passeport américain; tu as fait faire ton visa dans un autre pays que le tiens; il manque une signature dans le tampon du dernier pays visité; la taille que tu avais à 16 ans ne correspond plus à ta taille actuelle, etc. La liste est longue.

Il y a trois ou quatre contrôles comme ça ! Et aussi quelqu’un voudra probablement voir ton carnet jaune : vaccination pour la fièvre jaune. Pour faciliter ces interminables tracasseries, certains paient un « protocole ». C’est un homme, souvent de la douane, qui gère directement avec ses potes le passage de la douane. Et cela, pour une cinquantaine de dollars. Corruption est un gros mot au Congo voyons, tolérance zéro comme dirait l’autre…

Capitale: Kinshasa

Quelques jours à Kinshasa, une des plus grandes villes d’Afrique avec ses 7,5 millions d’habitants. Certains disent: il y a l’Afrique, l’Afrique noire, et Kinshasa.

Jours intenses et difficilement descriptibles. Entretien avec la misère. Alors qu’en Europe ou ailleurs on se soucie du futur à l’échelle de la décennie, « que vais-je faire de ma vie ? », « vais-je continuer ce métier ? »; ou à plus court terme dans l’année ou le mois, « dois-je m’installer ici ? », « comment vont se passer mes examens ? », etc. Ici pour certains, l’échelle c’est le jour. « Pourrais-je manger demain ?»

Rencontres et soirées mondaines avec la communauté des riches investisseurs occidentaux du Congo: les expats’. Surprenant ! Quelques clichés… Pour faire bref, c’est l’histoire du contraste entre les hommes. C’est assez « intéressant » et déconcertant d’y assister réellement. Entretien avec un pasteur Évangéliste : la religion des désespérés, qui séduit par millions. Tapant dans les rangs gonflants des pauvres de chaque continent. Religion(s) faisant souvent beaucoup de mal. Pendant le prêche on oublie le message et l’on attend l’hypothétique miracle. Le pasteur envoie du rêve, des promesses de travail, de guérison si l’on prie bien fort, on ferme les yeux et l’on n’oublie pas bien sûr de payer à la sortie. Dieu entend bien mieux les prières avec des dollars… Le miracle n’est pas venu ? Oh, c’est dommage, tu n’as surement pas assez la foi et pas assez payé. « Mais monsieur c’est quoi la foi ? » « Et bien tu dois croire bien fort sans chercher à comprendre, fait-moi confiance pauvre hère. » Ici des pasteurs ont des gardes du corps, des berlines et des villas qui dégoulinent l’indécence. Certains y mélangent un peu de fétichisme avec sacrifice et interventions d’esprits. Mmmh miam.

charbonLa forêt n’est plus là à Kinshasa. Il faut du charbon pour sept millions de Kinois. Une réalité un peu oubliée. La déforestation n’est pas dût qu’aux beaufs occidentaux qui veulent un salon de jardin en bois tropical. La majorité du bois d’ici part dans les fours. C’est l’énergie de base de l’homme qui a dompté le feu. Le soleil est pourtant là, prêt à chauffer d’hypothétiques fours solaires.

Le soir, je reviens dans un de ces quartiers regroupant villas et richesse, bien à l’abri derrière les palissades et les barbelés, gardés et bien protégés du reste, qui dehors, se bat avec les miettes.

Certains jours dans une vie ont la puissance de les bouleverser.

Bienvenue à Kinshasa !

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