Delphinariums, entre perception et réalité (1)

Dauphin en aquarium = prison

Visites en prison

Delphinariums: une histoire de perception

Un matin, nous visionnons une vidéo sur le Marineland d’Antibes: des orques et des dauphins effectuant des débilités devant les humains pour pouvoir manger. Jusque-là, rien de nouveau. Tout le monde sait qu’il existe des prisons pour animaux, qu’elles soient sous forme de zoos, aquariums, delphinariums, cirques, etc. Cependant, c’est là que nous nous trompons: tout le monde est au courant que ces lieux existent, mais tous n’ont pas conscience que ce sont des prisons.

En lisant les commentaires de la vidéo cela saute aux yeux. Des personnes partisanes de Marineland répondaient en étalant leur savoir souvent erroné à des défenseurs des animaux qui criaient au scandale. Passées les 1ères minutes d’hilarité (car certains arguments sont grotesques), nous nous rendons compte de la situation… Les faits réels sont là, tout le monde semble les reconnaître (animaux emprisonnés, conditions de vie, etc.), en revanche la perception n’est pas la même.

Il y a plusieurs raisons à cela: manque de connaissances, de recul, de réflexion, d’empathie, d’éducation. Inconscience. Mais également propagande de la part des delphinariums.

J’ai copié certains des commentaires qui revenaient assez fréquemment afin d’expliquer ce qu’il en est vraiment (ils ne m’ont pas été adressés personnellement). Je n’ai rien modifié, les fautes font donc parties du lot…

Le premier volet de ces explications fait face à l’excuse principale des delphinariums et autres prisons qui permet de garder toute sorte d’animaux en captivité: l’éducation et la sauvegarde des espèces! Ici dauphins et orques sont visés, mais cela est valable pour les autres également…

Un but d’éducation et de conservation

« pour moi meme si j’aime pas les souffrances des animaux … les parcs sont obligatoires pour montrer au enfants.. malheureusement la sauvegarde passe par la »

Aux Etats-unis, afin de justifier la capture et la captivité de mammifères marins, les parcs doivent participer à l’éducation du grand public (Marine Mammal Protection Act). Leur argument est « tu aimes seulement ce que tu connais ». Or les informations sur la biologie et l’écologie des espèces sont faibles (au mieux présentation du régime alimentaire et aire de répartition), voire fallacieuses, pour ne pas aller à l’encontre des conditions de vie présentées dans les parcs. Une étude montre que la conscience environnementale n’augmente pas après la visite d’un parc. Au contraire, après une présentation d’animaux captifs le sentiment de supériorité face aux autres formes de vie est exacerbé. Ceci est plutôt paradoxal pour l’apprentissage du respect animal et la préservation de la nature. Les gens vont dans des delphinariums essentiellement pour le spectacle, rarement pour assister à un programme éducatif. D’ailleurs ceux ayant le plus de conscience environnementale sont ceux qui ne visitent pas de parcs animaliers.

Dauphin échoué dans un filetExemple : les dauphins et les filets à thon

Une de leurs justifications est en rapport avec la mort de dauphins à cause de filets à thon. Les espèces touchées étaient le dauphin à long bec (Stenella longirostris, spinner dolphin) et le dauphin tacheté de l’atlantique (Stenella frontalis, spotted dolphins) et non pas le grand dauphin (Tursiops truncatus, bottlenose dolphins) qui est principalement à l’affiche. De plus, lors des événements aucun programme éducatif n’a été lancé sur ce fait et la plupart vendaient des sandwichs au thon.

balanceUne histoire de compromis

Dans ma présentation sur les requins baleines, je parlais des avantages et inconvénients de « l »écotourisme » de masse qu’ils engendraient. Malgré les inconvénients, cela leur reste profitable, car ça permet leur protection en contrepartie (ils valent plus chers vivants pour les touristes que morts pour la pêche). C’est donc un compromis convenable. En revanche, même si voir un animal en chair et en os est un émerveillement, la présentation d’animaux captifs, voire dressés, véhicule une pensée « nous, humains, avons tous les droits sur les autres êtres vivants ». Ce qui est un message contre-productif pour la conservation et le respect des êtres vivants. Enfermer des êtres vivants n’est pas un bon compromis pour éduquer la population à ces valeurs. L’éducation et la conservation sont seulement des prétextes pour se donner le droit d’emprisonnement d’animaux innocents.

Quelques références:

  • Dolphin project par Richard O’Barry
  • Lück, M., & Jiang, Y. (2007). Keiko, Shamu, and friends: Educating Visitors to Marine Parks and Aquaria?. JournaL of ecoTourisM6(2), 127-138.
  • Jiang, Y., Lück, M., & Parsons, E. C. M. (2007). Public awareness, education, and marine mammals in captivity. Tourism Review International11(3), 237-249.

La suite: les souffrances de la naissance en captivité


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Une réponse à “Delphinariums, entre perception et réalité (1)

  1. Rien à ajouter… Pour avoir bossé dans un delphinarium j’en connais l’envers du décors. Aujourd’hui je vois moins de cétacés de près mais j’oeuvre pour leur sauvegarde dans LEUR intérêt et non plus le mien…
    J’espère que tu kiff ton périple !!! Grosses bises à vous deux 😉
    Morgane

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